Affichage des articles dont le libellé est Haïku. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Haïku. Afficher tous les articles

08 mai 2010

Funeral Blues

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Pour qu'il n'aboie pas, jetez un os au chien.
Refermez les pianos, et qu'un tambour voilé,
Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.

Que les avions décrivent plaintivement des cercles,
Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort.
Ceignez un ruban blanc aux cols des colombes,
Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents.

C'était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon Dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant,
Je pensais que l'amour jamais ne cesserait ; j'avais tort.

Les étoiles deviennent importunes, qu'on les éteigne toutes,
Démontez le soleil et remballez la lune,
Videz les océans, balayez la forêt,
Car rien de bon n'arrivera désormais.

C'est une poésie du poète anglais W. H. Auden (1907-1973). Son côté familier est qu'elle est utilisée et dite lors de l'enterrement du film "4 mariages & 1 enterrement".

Cette version est une adaptation personnelle, plus proche de mes goûts, de plusieurs traductions trouvées sur frenchpeterpan.

21 février 2010

Sa seigneurie des arbres

Il comprit que les associations renforcent l'homme, mettent en relief les dons de chacun et donnent une joie qu'on éprouve rarement à vivre pour son propre compte : celle de constater qu'il existe nombre de braves gens, honnêtes et capables, tout à fait dignes de confiance. (Lorsqu'on ne vit que pour soi, on voit le plus souvent les gens sous leur autre face, celle qui nous force à tenir constamment la main sur la garde de notre épée).

Italo Calvino - Le baron perché

14 février 2010

"Tu sais, depuis l'autre fois, je ne suis pas descendu des arbres!"

Les exploits que fonde une obstination tout intérieure doivent rester muets et secrets ; pour peu qu'on les proclame ou qu'on s'en  glorifie, ils semblent vains, privés de sens, deviennent mesquins.

Italo Calvino - Le baron perché

12 décembre 2009

TCC vs. enfant intérieur

Je n'ai pas (encore) lu le livre de Marie-France & Emmanuel Ballet de Coquereaumont , "S'ouvrir à son coeur d'enfant : Pour naître à soi", mais cette citation me plaît :

"Devenir un adulte qui s'ouvre à son cœur d'enfant est la véritable marque de la maturité."

La théorie de l'enfant intérieur est à la mode dans les livres psychologiques récents. Et visiblement, s'oppose aux thérapies comportementales et cognitives, puisque l'idée est plus de l'ordre de la psychanalyse, à essayer de dénouer les nœuds du passé, de pacifier ses blessures de l'enfance, tandis que les TCC se positionnent plus dans l'observation des comportements et des croyances que l'on a au présent, et de tout simplement essayer de les changer, sans forcément chercher à comprendre la cause de leur existence.

Pour ma part, je trouve que les 2 approches se complètent bien. Les TCC ont l'avantage de ne pas trop intellectualiser les problèmes, ce qui aurait pour conséquence une certaine rumination. Bref, d'avancer de façon pragmatique, malgré les problèmes. Mais l'enfant intérieur est aussi l'explication des pulsions en nous, qui dépassent notre compréhension, et qui font souffrir, car en décalage avec son soi idéal.
Et nier ou refouler ses émotions n'est pas la solution. Au contraire, il faut les accepter pour avoir une chance de débloquer la situation, de changer.

Changer n'est possible qu'à la condition de faire une croix sur la vision rassurante d'un idéal futur, de soi, des autres et du monde (quand j'aurai confiance en moi, quand j'arriverai facilement à parler aux gens, quand je dormirai mieux,...) qui enferme dans un schéma où l'on attend passivement que le rêve éveillé se réalise, et au contraire, en faisant un acte d'acceptation de soi dans toutes ses facettes, ici & maintenant.

(Et réciproquement ;-))

30 novembre 2009

Le juste milieu

Une très belle définition de la tempérance, souplesse d'esprit nécessaire pour qui veut vivre heureux, trouvée au détour d'une lecture.
Le juste milieu. Quelque part entre s'en foutre et en crever. Entre s'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier. Ne pas se durcir mais ne pas se laisser détruire non plus. Très difficile.

Émile Ajar - L'angoisse du Roi Salomon

28 mai 2009

A l'école de la vie, tous les chats sont gris

Un moment de réflexion personnelle, où je me pose des questions non pas existentielles, mais plutôt triviales en fait^^.
Sur les actes qui découlent soit de l'envie, soit de la peur, sur l'apprentissage & la meilleure attitude pour l'améliorer, sur la fuite et le ménagement des autres au moment d'un conflit...

Rire, c'est risquer de paraître idiot. Pleurer, c'est risquer de paraître sentimental. Tendre la main, c'est risquer de s'impliquer. Exposer ses sentiments, c'est risquer d'être rejeté. Faire part de vos rêves à la foule, c'est risquer le ridicule. Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour. Aller de l'avant malgré les probabilités contraires, c'est risquer l'échec.

Mais il faut prendre des risques, car le plus grand danger dans la vie, c'est de ne rien risquer. Celui qui ne risque rien ne fait rien, n'a rien, n'est rien. Il peut éviter de souffrir et de pleurer, mais il ne peut pas apprendre, sentir, changer, grandir ou aimer. (Seul est libre celui qui prend des risques.)

Assez trivial, n'est-ce pas ? Sur le papier, at least...
Lié à la prise de risque, le droit à l'erreur.

Dans tout processus d'apprentissage, car c'est de cela qu'il s'agit ici, le droit à l'erreur est crucial. Sans lui, sans un coussin de sécurité pour nous accueillir si on se trompe, sans les ailes de la confiance pour nous élever hors du connu, on risque de ne vouloir affronter que des problématiques triviales ou n'accepter de se fixer que des cibles faciles. Tous les partenaires, parents compris, doivent donc viser le meilleur mais accueillir le pire avec philosophie. Pas le tolérer ou le déplorer. L'accueillir.

C'est exactement ça. Si l'on ne supporte pas le fait de se tromper, et de donner l'image aux autres & à soi-même du mec loser, on ne recherchera jamais le défi.

Et aussi, de Maria Rainer (à un jeune poète) :
Be patient toward all that is unsolved in your heart and try to love the questions themselves. Live the questions now. Perhaps you will find them gradually, without noticing it, live along some distant day into the answer.

Je crois que c'est vraiment le niveau à atteindre, aimer les questions pour ce qu'elles sont. Ne pas chercher une réponse à tout, en tout les cas tolérer l'incertitude.

Un pote m'expliquait récemment ce fameux principe de tolérance à l'ambiguïté. Ça désigne la façon dont une personne accepte une compréhension partielle d'un fait. Par exemple, je lis un texte dans une langue étrangère et je ne comprends qu'un terme sur 3. Certains diront qu'ils ont compris l'essentiel, d'autres dont je fais partie, diront qu'il n'ont rien compris.

J'aimerais aussi le définir comme "accepter que le dénouement d'un film puisse avoir plusieurs interprétations". Dans Mulholland Drive, Total Recall, Vanilla Sky, ou The others, on peut tout à fait imaginer plusieurs explications possibles. Mais les gens comme moi qui n'ont pas de tolérance à l'ambiguïté essaieront de trouver LA vraie solution, car ils ne supporteront pas que la vérité soit double.

Il a été montré que les gens qui apprenaient facilement les langues, étaient ces personnes tolérantes à l'ambiguïté, et j'imagine, qui accepte de faire des erreurs en prenant des risques.

(les citations sont tirés du site d'Erick Beaulieu , qui utilise le joli terme de pensée orientantes)

15 juillet 2008

AA

Mon Dieu, donnez moi la sérénité d’accepter
Les choses que je ne peux changer,
Le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse d’en connaître la différence.

Rheinhold Niebuhr

Un adage utilisé par les alcooliques anonymes. Que j'ai connu dans une version légèrement plus grossière, donnée par Stephen King dans la Tour Sombre (qui termine par "la chance de faire la putain de différence").

Moins vite

Moins vite, dansez moins vite,
Car votre temps est compté,
Et la musique ne durera pas toujours.

(via le livre de Tim Ferriss)

27 juin 2008

Sur le fronton d'une maison

Le possible est déja fait.
L'impossible est en cours.
Pour les miracles, prévoir un délai de 48H.

04 mai 2008

Poésie routière

Métro en retard,
Encore ce matin,
J'en ai vraiment marre,
Mais ça ne sert à rien.

Notez les rimes riches, les métaphores inventives. De quoi gagner le futur concours de poésie de la RATP ;-)

17 avril 2008

Didier Super

J'ai passé une très bonne soirée au point virgule hier, avec le spectacle de Didier Super. Rythmé, provoc et drôle.

Petite citation (une politiquement correcte, parmi de nombreuses autres choquantes au possible et hilarantes):
Un tube, ça vole pas haut, mais ça ratisse large.


Avez-vous jamais entendu d'aussi bonne définition d'un tube?

02 avril 2008

Le Guide du Voyageur Galactique

Il y a beaucoup de choses à apprendre dans H2G2. J'y ai appris par exemple pourquoi un site de traduction web s'appelle babel fish. Ou bien pourquoi une chanson célèbre de Radiohead s'appelle "Paranoid Android". Bref, instructif.

Il y a aussi ce genre d'aphorisme que j'aime bien, simple & efficace.

Je préfère être heureux qu'avoir raison. -Douglas Adams - (H2G2 I)

26 janvier 2008

Puzzle

Les pièces d'un puzzle ont-elles conscience qu'elles s'emboitent parfaitement?

24 janvier 2008

Plaisir précieux (mon précieux!)

Toi qui au détour d'un chemin sinueux, tu arrives où selon toute probabilité tu ne devais pas t'aventurer, sache qu'il est des plaisirs d'autant plus précieux qu'ils sont rares et imprévisibles.

Comme de lire cette phrase :
Les anges volent parcequ'ils se savent légers